Avec la Loi de Finances 2026, le classement en meublé de tourisme devient un levier fiscal majeur pour les locations courte durée. Il permet notamment de conserver un abattement micro-BIC plus avantageux, de solliciter une exonération de CFE dans certaines communes et de bénéficier d’une taxe de séjour fixe. L’article démystifie la complexité du classement, détaille les critères Atout France et aide à choisir le niveau d’étoiles le plus pertinent. Il propose enfin un guide pratique en 4 étapes pour obtenir le classement et accomplir les démarches associées.
Un contexte fiscal bouleversé en 2026
Si vous louez un appartement ou une maison en courte durée, vous avez sans doute suivi les secousses de la Loi de Finances 2026. Entre le rabotage massif des abattements du micro-BIC et le durcissement de la fiscalité sur les "AirBnB" non classés, une question brûle les lèvres de tous nos clients : faut-il faire classer son bien en "Meublé de Tourisme" ?
La réponse est, plus que jamais, oui. Voici pourquoi, et surtout, comment transformer cet obstacle administratif en opportunité fiscale.
Pourquoi s’embêter avec des étoiles ? Un bouclier fiscal
Depuis le 1er janvier 2026, le classement n’est plus une simple médaille de prestige sur votre annonce, c’est votre bouclier fiscal.
Le maintien de l'abattement : Alors que les meublés "non classés" voient leur abattement micro-BIC s’effondrer à 30 % (avec un plafond de 15 000 €), le meublé classé conserve un abattement de 50 % (jusqu'à 77 700 € de recettes).
L’exonération de CFE : Dans de nombreuses communes (hors zones tendues), le classement permet de demander une exonération de la Cotisation Foncière des Entreprises.
La taxe de séjour : Pour un bien classé, la taxe de séjour est fixe. Pour un non-classé, elle est proportionnelle au coût de la nuitée (souvent beaucoup plus chère pour le voyageur), ce qui nuit à votre compétitivité.
Complexité du classement : mythe ou réalité ?
On entend souvent que le classement est un "parcours du combattant". En réalité, c'est un processus technique mais balisé.
La complexité réside surtout dans le référentiel de 112 critères géré par Atout France. Il ne s'agit pas seulement de la décoration, mais de points précis :
Équipements : Présence d'un lave-linge, d'un accès Wi-Fi, type de cafetière...
Services : Information client en plusieurs langues, fiches de réclamations...
Développement durable : Ampoules LED, dispositifs d'économie d'eau.
L'œil de l'expert : Ce n'est pas "difficile" si votre bien est de bonne facture, mais cela demande de la rigueur. Un critère obligatoire (dit "éliminatoire") non respecté, et c'est tout le dossier qui tombe.
Quel niveau d’étoiles viser ?
Le classement 3 étoiles est souvent le "point d'équilibre" idéal : il offre un excellent standing aux voyageurs sans exiger les services luxueux des 4 ou 5 étoiles. Mais il permet de vloriser votre bien dans vos annonces et justifier un certain niveau de prix.
Le passage de 3 à 2 étoiles permet une certaine souplesse, notamment sur la surface des pièces et le niveau d'équipement technologique. C'est souvent le choix stratégique pour des studios urbains ou des biens de petite surface où l'optimisation de l'espace rend difficile l'installation de gros électroménager nécessaire au classement 3 étoiles.
Le classement 1 étoile est souvent appelé le classement "économique". S'il peut sembler peu flatteur sur une annonce marketing, il est redoutablement efficace sur le plan fiscal. Le risque de refus lors de la visite d'inspection est quasi inexistant. Comme pour les autres niveaux, le classement 1 étoile vous permet de valider le statut de "Meublé de Tourisme" et donc de conserver l'abattement de 50 % (au lieu de tomber à 30 % pour les non-classés en 2026).
Guide pratique : les 4 étapes pour réaliser le classement
Voici les 4 étapes clés pour décrocher vos étoiles :
Étape 1 : Le pré-diagnostic
Consultez le tableau de classement officiel sur le site d'Atout France. Vérifiez que vous cochez toutes les cases des critères "obligatoires" pour le nombre d'étoiles visé (de 1 à 5).
Étape 2 : Le choix de l'organisme évaluateur
Vous ne pouvez pas vous auto-évaluer. Vous devez mandater un organisme agréé (type Gîtes de France, I-Expertise, ou certains offices de tourisme).
Coût : Comptez entre 150 € et 300 € selon la taille du bien.
Durée de validité : Le classement est valable 5 ans.
Étape 3 : La visite d'inspection
L'inspecteur se rend sur place. Il vérifie tout : de la surface des pièces à l'état de la literie en passant par la présence de doubles rideaux.
Conseil : Soyez présent pour justifier certains points ou corriger immédiatement un oubli mineur.
Étape 4 : La décision et la déclaration
Sous un mois, vous recevez votre certificat de visite. Vous avez alors 15 jours pour le refuser. Si vous l'acceptez, le classement est acté. N'oubliez pas : Vous devez renvoyer l'attestation à votre mairie et la transmettre à votre expert-comptable pour la mise à jour de votre liasse fiscale.
Ce qu’il faut retenir pour 2026
Le classement en meublé de tourisme n'est plus une option pour l'investisseur qui souhaite optimiser son rendement. C'est un investissement (faible) pour une économie fiscale (majeure).